Amis aviateurs transcendez le vol ! Voler, être transporté, se perdre dans l'éther, caresser l'évanescence sculpturale nuageuse, plaisir sensuel de se glisser en des arabesques tel un artiste peintre, là est toute l'essence et la philosophie du vol. Certains aviateurs de l'époque avaient la poésie du vol et le courage d'explorer ce domaine, ils nous ont transmis une valeur, celle de l'élévation de soi et de la perception des réalités de notre vie dans la troisième dimension. Pourquoi l'homme ou du moins son comportement dévie t-il toujours de l'essentiel ? Pourquoi une si belle aventure, voire un parcours initiatique aéronautique sont-ils par lui dénaturés ? La démocratisation est une belle chose que l'on doit aux philosophes, mais rappelez- vous, fin des années 70 début 80, l'émergence des «pilotes de ligne frustrés», ceux qui rêvaient d'avoir des tableaux de bord étincelants de cadrans et boutons en tous genres, aussi émerveillés que des enfants devant un sapin de Noël sur-décoré. C'est à partir de ce moment-là que «VOLER» a pris un autre sens dans nos aéroclubs. C'est une vision des choses peut-être réductrice, mais je me souviens d'avoir perçu cette évolution et les comportements associés. Le changement insidieux d'état d'esprit et la modernisation –certes nécessaires– ont fait que les enjeux et les orientations ont changé, ce qui explique certains comportements «déviants» de pouvoir, d'autorité et d'appropriation de la chose collective. Imaginez la volupté d'un vol au-dessus de la couche en montagne lorsque la civilisation sous nos pieds est absente, on se transporte dans notre imaginaire à l'ère glacière, on a alors ce petit frisson d'être seul au monde face à une nature grandiose et qui vous explique «la vie». Ou, l'atterrissage sur glacier quand une neige fraiche recouvre la surface immaculée et telle une caresse délicate vous venez flirter avec cette sensualité en une virgule blanche de votre aéroplane sur ces cristaux. Recentrons notre passion, réapprenons à voler avec le recul que nous offre l'altitude que nous sommes en capacité de prendre. Bernard Dumoulin, modeste FI parmi tant d'autres.
Une approche poétique...